Le 28 Jul 2015

LOI MACRON : LE PLAFONNEMENT DES INDEMNITES PRUD'HOMALES

LOI MACRON : LE PLAFONNEMENT DES INDEMNITES PRUD'HOMALES
Le projet de loi pour la croissance et l'activité a été définitivement adopté le 10 juillet dernier et soumis au Conseil constitutionnel dont la décision est attendue au plus tard le 15 août prochain.
Parmi les mesures novatrices les plus et critiquées figure l’instauration d’un barème pour les indemnités octroyées par le juge prud’homal en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Dans un souci annoncé de renforcer la prévisibilité des décisions prud’homales, la loi Macron a mis en place un système de plafonnement des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse qui permettra, en cas de contentieux, aux employeurs d’évaluer le risque financier lié au prononcé d’un licenciement et aux salariés d’avoir une vision plus précise du montant des dommages et intérêts qui pourraient leur être accordés en cas de contentieux.
D’après la loi, en cas de condamnation pour licenciement abusif, le montant des indemnités octroyées au salarié serait encadré de la manière suivante :

Moins de 20 salariés    Entre 20 et 299 salariés   A partir de 300 salariés
moins de 2 ans :
Maximum 3 mois           Maximum 4 mois                Maximum 4 mois
entre 2 et 10 ans :
Minimum 2 mois            Minimum 4 mois                Minimum 6 mois Maximum 6 mois            Maximum 10 mois             Maximum 12 mois
10 ans et plus :
Minimum 2 mois              Minimum 4 mois               Minimum 6 mois Maximum 12 mois            Maximum 20 mois            Maximum 27 mois

Dans certains cas, qualifiés «d’ atteinte grave au droit du travail », ce barème sera inapplicable et les juges retrouveront leur liberté dans l’évaluation du montant des dommages et intérêts accordés au salarié, sous réserve des minimas d’ores et déjà fixés par la loi à 6 ou 12 mois de salaires.
Cette exception s’appliquera aux hypothèses suivantes :
- harcèlement sexuel et moral ; - licenciement discriminatoire ou consécutif à une action en justice en matière d’égalité professionnelle homme-femme ; - témoignage pour corruption ; - violation du droit de grève ; - violation de l’exercice d’un mandat de salarié protégé ; - violation de la protection contre le licenciement dont bénéficient les salariés victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle ou encore les femmes enceintes ; - atteinte à une liberté fondamentale
Plusieurs syndicats de salariés, d’avocats et de magistrats ont dénoncé cette mesure.
La première critique est que ces plafonds constituent une atteinte au principe fondamental en droit français de la réparation intégrale du préjudice ; le montant des dommages et intérêts n’étant plus fonction du préjudice réellement subi par le salarié (fondé sur différents critères comme l’ancienneté, la perte de revenus, les conditions d’éviction, l’âge, les difficultés pour retrouver un emploi) mais défini uniquement au regard de son ancienneté et de l’effectif de la société.
Le Conseil constitutionnel devra juger si le plafonnement de ces indemnité et l’atteinte portée au principe de la réparation intégrale du préjudice (qui existe dans d’autres domaines comme en matière de responsabilité des transporteurs) est proportionné au but recherché par le gouvernement à savoir la réduction de l’insécurité juridique lié aux décisions prud’homales.
La seconde critique porte sur la rupture d’égalité entre les salariés des toutes petites entreprises qui seront moins indemnisés que ceux des grands groupes alors que le préjudice du salarié ne dépend pas de la taille de l’entreprise qui le licencie abusivement.

Sous couvert de prévisibilité des décisions prud’homales donc de défiance à l’égard des juridictions concernées, le but recherché par le gouvernement est de permettre aux entreprises de provisionner le coût des ruptures de contrat de travail dès l’embauche pour faciliter la flexibilité.
Au lieu de s’attacher aux conséquences de la violation de la loi par l’employeur en limitant le coût des licenciements abusifs, il aurait été plus efficace de réformer le droit du licenciement lui-même et de limiter les cas de licenciement abusif.
Partager sur
Par Philippe Veber Le 23 Oct 2026

La FFSA au rupteur !

La FFSA en zone rouge. Six mois de crise, de révélations et de tensions… La ministre des Sports engage une procédure de retrait d’agrément   Depuis mars 2026, la Fédération Française du Sport Automobile traverse une crise de gouvernance sans précédent dans son histoire récente. Révocation d’un président, accusations de gouvernance parallèle, plaintes judiciaires, élections […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 19 Oct 2026

Première pole position en WEC pour Mathys JAUBERT !

Bravo à @mathysjaubert qui réalise une énorme performance en signant sa première pole position en WEC en prenant l’Hyperpole des 6 Heures de Barcelone.   Il devient le plus jeune poleman de l’histoire du championnat.   #drivingkoncept #davidzollinger #avocat #avocatsportauto #wec   Philippe Veber – Veber Avocats – Avocats droit du sport – Droit des […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 19 Oct 2026

Lorenzo Fellon CHAMPION !

Bravo à Lorenzo Fellon qui réalise une énorme perfomance en devenant 2026 STOCK EUROPEAN CHAMPION ! Une pensée pour Laurent et Andrea.   Philippe Veber – Veber Avocats – Avocats droit du sport – Droit des sportifs – Sports mécaniques Paris – Lyon

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 08 Oct 2026

Running : Altra lance une équipe de coureurs de 75 à 85 ans pour prouver que l’âge n’est pas une ligne d’arrivée

Alors que la France célèbre la Semaine Bleue, consacrée aux seniors et aux liens entre les générations, la marque américaine de running Altra prend le contre-pied des campagnes sportives traditionnelles. Au Royaume-Uni, elle vient de dévoiler la « Legacy Team », une équipe composée de quatre athlètes âgés de 75 à 85 ans. Leur ambition […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 07 Oct 2026

Frank McCourt veut révolutionner l’équitation avec son nouveau circuit

Déjà propriétaire de l’Olympique de Marseille, Frank McCourt revient en force dans le monde équestre. L’homme d’affaires américain soutient la Premier Jumping League (PJL), un nouveau circuit international de saut d’obstacles qui entend bousculer les codes du haut niveau avec des équipes franchisées, un prize-money spectaculaire et une ambition clairement mondiale.   Frank McCourt ne […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 29 Sep 2026

Intelligence artificielle : le CIO veut encadrer son utilisation dans le sport

Technologie • Sport • Intelligence artificielle | 29 septembre 2026   L’intelligence artificielle transforme progressivement le monde du sport, de la préparation des athlètes à l’arbitrage des compétitions. Face à cette révolution technologique, le Comité international olympique (CIO) entend fixer un cadre pour garantir une utilisation responsable de l’IA, tout en préservant l’équité sportive et […]

Lire la suite
Toutes nos actualités News