Le 07 Oct 2026

Frank McCourt veut révolutionner l’équitation avec son nouveau circuit

Frank McCourt veut révolutionner l’équitation avec son nouveau circuit
Déjà propriétaire de l’Olympique de Marseille, Frank McCourt revient en force dans le monde équestre. L’homme d’affaires américain soutient la Premier Jumping League (PJL), un nouveau circuit international de saut d’obstacles qui entend bousculer les codes du haut niveau avec des équipes franchisées, un prize-money spectaculaire et une ambition clairement mondiale.
 
Frank McCourt ne découvre pas le saut d’obstacles. Bien avant le lancement de la Premier Jumping League, le milliardaire américain avait déjà investi dans le secteur en devenant, en 2014, copropriétaire à 50 % du Global Champions League et du Global Champions Tour aux côtés de Jan Tops. McCourt Global indique avoir quitté cet investissement en 2022.
 
Quelques années plus tard, le propriétaire de l’OM revient donc avec un projet autrement plus ambitieux : la Premier Jumping League, dont la première saison est programmée en 2027.

300 millions de dollars pour attirer les meilleurs cavaliers


Pour imposer immédiatement la PJL parmi les compétitions majeures de la planète, Frank McCourt et McCourt Global ont choisi de frapper très fort financièrement.
 
La ligue annonce 300 millions de dollars de prize-money garantis sur ses trois premières saisons, soit 100 millions de dollars dès la première année. Elle prévoit de réunir 16 équipes et d'organiser 14 événements internationaux répartis entre l'Europe, l'Amérique du Nord et le Moyen-Orient.
 
L'objectif est clair : attirer les meilleurs cavaliers mondiaux et professionnaliser encore davantage une discipline dont le modèle économique demeure très différent de celui des grands sports collectifs.
 
Un processus de sélection doit ainsi permettre de constituer les équipes à partir d'un vivier comprenant environ 250 cavaliers de premier plan.

Des franchises à plusieurs dizaines de millions de dollars


La vraie rupture voulue par la PJL ne concerne cependant pas uniquement les dotations.
 
Frank McCourt veut appliquer au saut d'obstacles certains des principes qui ont fait le succès des grandes ligues sportives américaines : équipes identifiables, propriétaires privés, valorisation des franchises et création d'un véritable actif économique autour de chaque formation.
 
Un premier signal spectaculaire a déjà été envoyé. En juin 2026, McCarthy Jumping Team est devenu le premier groupe propriétaire d'une équipe PJL après une acquisition annoncée à 50 millions de dollars. La ligue présente cette opération comme un record pour une équipe appartenant à une compétition sportive encore jamais disputée.
 
Selon L'Équipe, deux équipes avaient déjà été vendues pour 50 millions de dollars chacune et le projet prévoyait de commercialiser progressivement les autres formations.
 
La logique est donc très éloignée du circuit hippique traditionnel : la PJL veut construire une véritable économie de franchises, susceptible d'attirer investisseurs, grandes fortunes et partenaires commerciaux.

Un modèle inspiré de la Formule 1 et des grandes ligues


Le projet ne cache pas non plus son ambition médiatique.
 
La PJL s'est associée à Box to Box Films, société de production notamment connue pour Formula 1: Drive to Survive. L'idée est d'utiliser les mêmes ressorts qui ont permis à certaines disciplines d'élargir considérablement leur audience : raconter les rivalités, suivre les cavaliers en coulisses et donner davantage de personnalité aux équipes et aux athlètes.
 
La diffusion doit également être largement accessible, avec un modèle annoncé comme gratuit pour les spectateurs. Le pari de McCourt est que le saut d'obstacles possède déjà tous les ingrédients nécessaires à un spectacle sportif mondial mais qu'il lui manque encore une narration facilement compréhensible pour le grand public.
 
En clair, il ne suffit plus de suivre une succession de Grands Prix : la PJL veut créer une saison, des rivalités et des enjeux permanents.

Une compétition désormais approuvée par la FEI


Le projet a franchi une étape essentielle durant l'été 2026.
 
Le 1er juillet 2026, la Premier Jumping League a annoncé avoir obtenu l'approbation de sa série par la Fédération Équestre Internationale (FEI). Celle-ci porte notamment sur les formats de compétition, la constitution des équipes, le système de sélection des cavaliers et la répartition des gains.
 
Le format prévoit notamment 16 équipes pendant la saison régulière. Les deux dernières seront éliminées tandis que les deux premières accéderont directement à la finale. Les douze autres passeront par des playoffs destinés à sélectionner six formations supplémentaires.
 
La PJL insiste également sur le bien-être des chevaux. Lors des week-ends de compétition CSI5*, l'épreuve à 1,60 m doit notamment être concentrée sur la troisième journée afin de limiter la répétition des parcours à hauteur maximale.

Un concurrent direct du Global Champions ?


Difficile évidemment de ne pas comparer le nouveau projet au Longines Global Champions Tour et à la Global Champions League, références actuelles du jumping international et dans lesquelles McCourt avait lui-même investi.
 
Le Global Champions dispose déjà d'un modèle très solide : étapes dans des villes prestigieuses, compétition individuelle et championnat par équipes, propriétaires privés et forte orientation vers l'hospitalité et les partenaires haut de gamme.
 
En 2026, son calendrier compte 17 étapes réparties sur quatre continents, avec des rendez-vous à Doha, Miami Beach, Shanghai, Madrid, Cannes, Saint-Tropez, Paris, Monaco, Londres, Rome ou encore Riyad.
 
Le championnat par équipes GCL compte pour sa part 17 formations en 2026.
 
La Premier Jumping League arrive donc sur un terrain déjà occupé par un acteur puissant. Elle tente néanmoins de pousser beaucoup plus loin la logique de ligue sportive professionnelle, notamment grâce à la valeur attribuée aux équipes et à des dotations financières sans précédent.
 
La PJL affirme pour sa part ne pas vouloir « réinventer » le saut d'obstacles ni perturber l'écosystème existant. Mais compte tenu de son calendrier international, de son format par équipes et de sa volonté de recruter les meilleurs cavaliers mondiaux, la concurrence avec le Global Champions paraît difficile à éviter.

Frank McCourt mise sur la transformation du sport


Pour le propriétaire de l'OM, cette nouvelle aventure dépasse donc largement le simple sponsoring d'une compétition équestre.
 
Frank McCourt veut transformer le saut d'obstacles en un produit sportif susceptible d'intéresser à la fois les investisseurs, les diffuseurs, les sponsors et un public beaucoup plus large.
 
Le défi sera désormais de convaincre les meilleurs cavaliers de rejoindre durablement la compétition, de créer une identité forte autour des franchises et surtout de faire naître des rivalités capables de passionner des spectateurs qui ne connaissent pas encore les codes du jumping.
 
Avec 16 équipes, 14 étapes internationales et 300 millions de dollars de prize-money garantis sur trois ans, la Premier Jumping League dispose en tout cas de moyens rarement vus dans l'équitation sportive.
 
Son lancement en 2027 permettra de savoir si Frank McCourt peut réussir dans le saut d'obstacles ce que d'autres investisseurs ont déjà entrepris dans la Formule 1, le golf ou encore certains sports collectifs : transformer une discipline mondiale en véritable ligue de sport-spectacle.
 
Philippe Veber - Veber Avocats - Avocats droit du sport - Droit des sportifs - Paris - Lyon
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