Le 19 Sep 2019

Dopage : pas besoin d'attendre l'échantillon B pour suspendre !

Dopage : pas besoin d'attendre l'échantillon B pour suspendre !
L’AFLD peut suspendre un sportif avant l’obtention des résultats de l’analyse du second échantillon. Elle ne méconnait pas les droits de la défense
 
Lorsqu’un sportif est contrôlé positif à la suite d’un contrôle anti-dopage, la présidente de l’AFLD n’est pas tenue d’attendre les résultats de l’analyse du second échantillon avant de pouvoir légalement prononcer une mesure de suspension.
 

 
Le 19 mai 2019, un joueur du Top 14 avait fait l’objet d’un contrôle anti-dopage mené par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) lequel avait détecté la présence de testostérone et de ses métabolites, substances non spécifiées de la classe S1 des agents anabolisants.
 
Par une décision du 10 juillet 2019, la présidente de l’AFLD a suspendu le sportif de toute participation directe ou indirecte à toute manifestation sportive, de tout entrainement et de toute activité administrative, de manière provisoire et à titre conservatoire.
 
Le 22 juillet 2019, l’analyse du deuxième échantillon confirmait la présence d’une substance interdite.
 
Se fondant sur l’article L. 521-1 du Code de justice administrative, le joueur de rugby a demandé au juge des référés du Conseil d’Etat de suspendre l’exécution de la décision prononcée à son encontre.
 
Par ordonnance de référé du 6 septembre 2019, le Conseil d’Etat rejette sa requête.
 
Le juge des référés estime qu’en vertu de l’article L. 232-23-2 du Code du sport, lorsqu’un résultat d’analyse implique une substance interdite ou une méthode interdite, le président de l’AFLD ordonne à l’encontre du sportif, à titre conservatoire et dans l’attente de la décision de la commission des sanctions, une suspension provisoire.
 
Le sportif faisait valoir que la mesure de suspension était entachée d’une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 232-23-4 et R. 232-64 du Code du sport, dès lors que la présidente de l’AFLD l’avait prononcée alors qu’elle ne disposait que des résultats de l’échantillon A.
 
Toutefois, si les dispositions litigieuses prévoient les conditions qui doivent être satisfaites pour que la présence d’une substance interdite dans l’échantillon d’un sportif soit regardée comme établie, le juge des référés souligne que l’article L. 232-21-4 du Code du sport ne subordonne pas la suspension du sportif au caractère établi de la présence d’une substance interdite, mais au seul fait qu’un résultat d’analyse implique une substance interdite.
 
Dans ces conditions, l’ordonnance de référé retient que la présidente de l’AFLD n’est pas tenue d’attendre les résultats de l’analyse de l’échantillon B, lorsque celle-ci est demandée par le sportif, avant de pouvoir légalement prononcer une mesure de suspension.
 
Nicolas Bondil et Philippe Veber.
 
[1] Texte intégral de la décision : https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000039076410&fastReqId=1809459007&fastPos=1
Partager sur
Par Philippe Veber Le 08 Jul 2026

Le CIO rouvre la porte aux athlètes russes : entre universalisme olympique et malaise politique

La décision du Comité international olympique de lever provisoirement la suspension du Comité olympique russe marque un tournant majeur dans la gouvernance du sport mondial. En pratique, elle ouvre la voie au retour progressif des athlètes russes dans les compétitions internationales et, potentiellement, aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Le CIO justifie cette évolution […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 29 Jun 2026

Marathon de Paris, quand une partie de l'épreuve se joue devant le juge

Le Marathon de Paris n’est pas seulement une épreuve sportive. C’est aussi une marque, un événement international, une vitrine de la capitale, un enjeu économique majeur et, désormais, un dossier contentieux.   La Ville de Paris a attribué l’organisation du Marathon et du Semi-Marathon de Paris pour les éditions 2027 à 2030 au groupement Cadence, […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 23 Jun 2026

Mondial 2026 : un match de foot entre tondeuses à gazon, ou l’art délicat de jouer avec l’événement sans en être partenaire officiel

À l’occasion de la Coupe du monde 2026, la marque MOVA a choisi de faire parler d’elle avec une activation aussi insolite qu’efficace : organiser à Paris un match de football entre robots tondeuses. L’opération, baptisée « Défi Robo Goal » ou « Robo Goal Challenge », met en scène des tondeuses robotisées pilotées par […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 22 Jun 2026

Le PSG ouvre son univers à New York pour la Coupe du monde 2026

Pendant la Coupe du monde 2026, le Paris Saint-Germain renforce sa présence à New York avec son PSG Store et l’expérience immersive “Ici c’est Paris – La Maison”.   À l’occasion de la Coupe du monde 2026, New York se transforme en capitale mondiale du football. Dans cette effervescence internationale, le Paris Saint-Germain confirme son […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 17 Jun 2026

94e édition des 24 Heures du Mans : une fréquentation record qui confirme le succès populaire de l’événement

La 94e édition des 24 Heures du Mans restera comme une nouvelle démonstration de la puissance d’attraction de la plus grande course d’endurance au monde. Avec 350 105 spectateurs réunis sur le Circuit des 24 Heures, l’édition 2026 franchit un nouveau cap et confirme l’engouement exceptionnel du public pour cet événement emblématique.   Cette affluence […]

Lire la suite
Par Philippe Veber Le 09 Jun 2026

Ce n'est pas fini pour Michel Platini, il porte plainte contre Gianni Infantino

Michel Platini a annoncé avoir déposé plainte contre Gianni Infantino, président de la FIFA, pour dénonciation calomnieuse et trafic d’influence. Au-delà du retentissement sportif, cette affaire rappelle la portée juridique de ces infractions et les enjeux probatoires qui entourent les accusations de manœuvres institutionnelles. Une plainte dans le prolongement de l’affaire Blatter-Platini L’affaire trouve son […]

Lire la suite
Toutes nos actualités News